Une guerre des nerfs (3/3)

Une guerre des nerfs (3/3)
L'entraînement militaire pré-combat fut repoussé, repoussé, puis baclé. Ma stratégie s'effritait, et notre seul espoir de victoire finale résidait en une relative clémence de l'ennemi. Cependant, entraînement baclé signifie tout de même entraînement... Un des tournants de cette guerre, le mardi après-midi, fut l'énorme averse orageuse qui fit rage sur Grenoble, comme ailleurs en France. Plusieurs minutes à contempler le déluge me fit penser à ce que mes fidèles soldats enduraient: un bombardement de tous les instants, aucun répit ne leur était accordé. Dans cette atmosphère cataclysmique, une seule idée fut remise au goût du jour: travailler sans relâche, pour traverser le dernier orage qui s'annonçait... Ne pas le subir comme la ville subissait l'intense pluie.
C'est alors que, déterminé, l'état-major établit sa stratégie pour le lendemain, que les soldats vérifièrent leurs armes et affutèrent leurs canons, de même que leur soif de victoire. Trop de temps avait été perdu, l'ennemi informatique serait certainement ardu à affronter. Mais la détermination dont fit preuve mon armée était telle que je pouvais pas perdre en rendant les armes. D'autant que le premier des trois derniers opposants fut la matière intitulée “langage & calculabilité”, la moins redoutable des trois...
Ainsi, la journée démarra par une franche correction infligée à celle-ci par mes neurones. Il n'en fallait pas pas moins pour faire le plein de confiance, avant les deux épouvantails à venir.
Des forces surentraînées, des armes affutées comme des rasoirs, une organisation terrifiante d'efficacité. Voilà ce que mes soldats devraient affronter dans l'après-midi.
Le ravitaillement fut léger, ce jour-là, et le cumul de fatigue ajouté à cela faisait que leur organisme n'était plus aussi fringant. C'est donc émoussé que mon armée se présenta face à celle, tout d'abord, des bases de données. L'état-major savait à peu près à quoi s'attendre, il s'adapta donc en conséquence, et adopta une stratégie sur mesure, pour remporter une nouvelle victoire, pas forcément très belle, avec quelques pertes. Mais l'essentiel était là, compte tenu du dernier combat s'annonçant finalement comme le plus difficile avec les statistiques, et de l'état de fatigue avancé dans lequel se trouvait mon armée.
Et ce dernier combat vint. Les forces censées être parmi les plus tendres se révélèrent les plus féroces: la programmation logique a, de façon inattendue jusqu'à la veille, déployé tout un arsenal de pièges maniés de main de maître par les soldats ennemis. Il fallut alors s'accrocher, serrer les dents et les rangs, pour passer la tempête. La dernière bataille était engagée puisque l'ennemi n'avait plus que ces forces-là encore valides. Le fait de les avoir soumises à rude épreuve, et d'avoir réussi à décimer au moins la moitié des soldats ennemis est quasiment acquis, ce qui amènera la reddition de l'ennemi. Certes le nombre de pertes parmi mes soldats neurones fut élevé, et les hopitaux à l'arrière du front se remplir fortement, après cet ultime combat. Mais le plus important était là: la guerre était gagnée!
Maintenant était venu le temps de la reconstruction, et d'un pacifisme convaincu. Plus tard les prochains conflits, on aura le temps d'y repenser, en tout cas je l'espère. Mais pour l'heure, on va se contenter de panser ses plaies, et d'écrire des textes à coucher dehors pour toujours se remémorer cet épisode tragique de l'Histoire...

# Posté le jeudi 11 juin 2009 09:48

Une guerre des nerfs (2/3)

Une guerre des nerfs (2/3)
Le sentiment de pacifisme et l'aspiration à la paix qui avaient gagné mes neurones à moment-là illustraient le ras-le-bol de mes troupes face à cette guerre. Six jours séparèrent finalement la victoire précédente de la nouvelle bataille. A peine le temps de lancer un vaste programme d'entraînement juste avant cette bataille: résignés, mes neurones se résolurent à passer le “bleu de chauffe” pour défaire ces derniers opposants.
C'est alors mal préparés, jouant tout sur leurs faits de gloire passés, que mes fidèles soldats s'attaquèrent le lundi 24 Mai au premier écueil, la macroéconomie.
L'état-major était inquiet, il redoutait toujours ce genre d'ennemi, à vaincre plus par un bombardement d'encre sur la feuille qu'à l'aide d'une véritable stratégie de combat. Heureusement, l'arsenal était plein de ce genre de munition, l'épreuve fut relevée avec succès, même si quelques pertes furent comptabilisées à la fin de la bataille: un guet-apen attendu a fini par être vraiment surprenant... Mais tout est bien qui finit bien, cette bataille remportée laissa sa place à la suivante, beaucoup plus stratégique, justement. En véritable chair à canon, mes neurones furent héroïques, et ce, dès la veille de la bataille des statistiques. Un entraînement intensif qui, lui-même, avait suivi un stage commando accéléré contre les bases de données, un des ultimes bélligérants. Mes soldats avaient réussi à se remotiver en vue de ces efforts, c'est donc avec un corps d'armée regonflé à bloc que je me rendais sur le champ de bataille, le mardi matin: l'Amphi 6, théâtre des dernières tragédies barbares de cette guerre, puisque le lendemain, la guerre totale contre l'informatique serait concentrée à cet endroit...
9 heures, ce mardi, et le premier coup de feu se faisait attendre. L'ennemi voulait certainement jouer avec nos nerfs, toujours est-il que les copies furent distribuées avec dix minutes de retard, la faute à un retard du prof -le même prof expulsant manu militari du cours tout retardataire-... Mais que voulez-vous, la guerre, c'est la guerre! L'étrangeté de l'épreuve fut renforcée par son déroulement: pendant les trois premiers exercices, nous ne rencontrâmes que des vieillards usés ou de jeunes garçons encore trop tendres pour avoir été confrontés à nos baïonettes... Ainsi, jusqu'au dernier exercice, tout alla pour le mieux, cette bataille annoncée si ardue devenait presque la plus facile! Oui mais voilà, l'ennemi était rusé, et la bataille devait fatalement devenir plus stratégique. Lors du dernier exercice, mes soldats rencontrèrent enfin le gros de l'armée statistique, dans ce qui s'annonçait comme la plus grande embuscade de cette guerre... Mes neurones furent bel et bien héroïques, mais l'ennemi était trop fort: cette armée me causa énormément de problèmes, et seule une petite partie fut mise en déroute. Je dus battre en retraite, emportant mes soldats blessés à l'abri par la seule force de la volonté. Ainsi, je savais que cette bataille avait été une victoire, grâce à tout le territoire conquis avant l'embuscade. Mais ce final digne de la Bérézina otait toute gloire et tout sentiment de victoire à l'esprit de mes troupes.
C'est alors avec cette victoire amère en poche qu'il fallut se préparer à affronter les derniers ennemis, presque les plus dangereux de par leur proximité: langage&calculabilité, bases de données, et programmation logique. Malheureusement, le scénario du matin avait annihilé tout enthousiasme chez mes soldats, et le sentiment prédominant devint: “pourvu que tout se termine bientôt”.

# Posté le mercredi 10 juin 2009 11:14

Une guerre des nerfs (1/3)

Une guerre des nerfs (1/3)
Tout commença le mardi 12 mai. Un éclair, un premier, dans un ciel sans nuage. Une instabilité dans le cadre de la diplomatie de mes méninges... Après une paix royale de plus de deux mois, un contrôle continu d'algèbre linéaire vient violer les frontières de ma tranquillité. Mes nombreux soldats neurones, entraînés plus par l'expérience que par les stages commando au coeur des pages noircies de maths, d'informatique ou d'économie, et soutenus de main de maître par un état major confiant, ont brillamment écarté la menace, et ont remporté une victoire sans conteste sur l'ennemi. A peine le temps de savourer, qu'un exposé de gestion financière devint une menace concrète... Déjà que de nombreux incidents diplomatiques ont émaillé les précédentes semaines! Une réaction était nécessaire: la confrontation directe ne devait pas tarder. L'affrontement fut bref, mais plus tendu que ce qu'il aurait dû être: mal préparée, la bataille s'est gagnée moins par une réelle maîtrise que par de la bonne vieille débrouille!
Quoiqu'il en soit, la paix était revenue, provisoirement. Provisoirement, car l'alliance algèbre-gestion financière n'a mis qu'une semaine pour revenir à la charge. Ainsi, dès le lundi suivant, il fallut remporter la victoire finale contre l'algèbre, avec le même scénario que précédemment: la mobilisation d'une seule division a suffi à mettre en échec l'armée de cette matière. Et dès le lendemain, le second allié fut géré, la gestion fut allègrement écartée. Que d'inquiétudes à cause de cet ennemi, mais la confiance apportée par la campagne victorieuse de la veille ont fait pencher la balance du bon côté pour cette nouvelle bataille.
Les deux premiers épisodes de cette guerre s'étaient relativement bien passés, et mon armée pouvait savourer un repos bien mérité, mais très court, malgré tout. Car des mouvements de troupes furent détectées au coeur des autres matières. Les dernières à potentiellement pouvoir me causer des soucis: des éclaireurs furent envoyés qui ramenèrent des nouvelles inquiétantes... La macroéconomie, mais surtout les statistiques et une alliance terrifiante de toutes les forces informatiques se préparaient à passer à l'offensive.

# Posté le mardi 09 juin 2009 15:19

Une activité débordante...

Une activité débordante...
Oui je ne suis pas très actif en ce moment... Enfin plutôt devrais-je dire "non, je ne suis pas très actif en ce moment". mais peu importe ces éléments de syntaxe dont tout le monde se contre-fout.

Passons à ce que j'ai à dire en ce moment.
Là, l'image de la botte de foin roulant au milieu de la petite rue d'un petit bourg dans un western quelconque m'assaille. Oui, car ma vie me fait cet effet: trop peu intéressante pour être racontée, même dans le blog que j'écris personnellement (un blog au demeurant tout à fait anonyme parmi le flot du même genre...). En tout cas, en ce moment, c'est l'effet que ça me fait.
Oui, comment une souris, quelque jaune que soit sa couleur (je tairais les bandes rouges qui aggrémentent son dos) *, pourrait s'occuper, au début du printemps, mis à part en grignotant des restes de repas, et en vadrouillant quand le soleil est au rendez-vous? Elle pourrait aller voir ses congénères souris jaunes à bandes rouges vivant un peu plus loin, mais avouez: vous n'avez pas vraiment croisé d'autres spécimens de ce genre dans la rue ces temps-ci. Elle essaie, malgré tout! Et le blocage de la fac (oui, cette souris est intelligente au point d'étudier à l'université...) l'aide bien, puisque son temps libre est censé augmenter, par la même occasion. Chose toute théorique, puisqu'en voyant ses amis proches, en essayant de bosser un peu ses cours (c'est pas vraiment l'occupation prédominante de ses journées), ou en traînant vaguement sur la toile d'araignée mondiale (tout en tentant de ne pas s'y engluer, car la souris ne mesure pas une taille énorme), ce peu d'heures libres est très vite gorgé d'autres occupations toutes plus désespérantes les unes que les autres, même si elles restent très plaisantes (les démons du tarot et de la PS3 seraient-ils plus vicieux que celui de l'ordinateur...?).
*En relisant ce paragraphe, la souris jaune, qui contrairement à sa cousine verte, ne court pas dans l'herbe, est effarée de voir tant de parenthèse... Pire que dans un devoir de maths!*
En bref, la souris qui parle (même si le seul mot de son vocabulaire semble être "picatchou" , ce qui reste somme toute très limité) est desabusée devant tant de laxisme. Plus de cours, ça laisse la porte ouverte au farniente rampant, alors même qu'il ne fait plus soleil... "It sucks**", comme disent les rosbeefs. (Oui, je sais, vous vous demanderez comment fait un rosbeef pour parler. A cette question, je repondrais que c'est presque aussi intelligent de se demander comment fait une souris jaune pour parler.)
En plus, je vous ai pas raconté! Les travaux ont pris une nouvelle dimension dans ses galeries: le ravalement de façade est entamé, ce qui laisse présager pas mal de foutoir autour de la tanière, sans oublier les bruits horribles qui retentissent dès 8h30 du matin. La souris voudrait bien lancer une attaque tonnerre dont elle a le secret, mais faudrait d'abord que ça mette pas encore plus de bordel autour de son nid. Chapitre réfection du nid, toujours, le ver de terre qui lui sert de plombier (c'est affectif... ^^) n'est pas revenu depuis plusieurs jours, à croire que l'humidité était trop forte dans les galeries sanitaires, ce qu'a confirmé une taupe peintre venu en reconnaissance estimer l'étendue de son futur chantier.

Voilà tout ce qu'elle a la force de supporter en ce moment, ne soyez surtout pas compatissants, ça l'encouragerait à se plaindre...

*vous aurez reconnu Pique-à-chou, l'ami de la photo... (d'ailleurs, je n'ai pas l'intention d'oublier mon alter-ego dinosaurien: une version de l'article façon raptor sera peut-etre bientot disponible si ça me chante)
**"ça crains", en français dans le texte... Et même si ça veut pas dire ça, m'en fiche, c'est mon blog! na!

# Posté le lundi 30 mars 2009 13:33

Le « printemps des chaises » (2/2)


Maintenant, une petite étude de cas. Les préfabriqués! Déjà, précisons une chose: l'UPMF n'est pas le seul établissement d'enseignement où les locaux sont pourris, je le concède volontiers. Mais je lacherais pas mon chauvinisme comme ça... L'UPMF entre sur le podium des locaux les plus mal entretenus et les plus vétustes haut la main! ^^ Pour preuve, des préfabriqués censés être là de façon provisoire, et qui sont utilisés depuis les années 1980, au moins... La fameuse caricature du provisoire devenu définitif est pleinement respectée. XD Inutile de préciser qu'à l'image du reste du BSHM, les préfabriqués tombent petit à petit en ruine, par contre, ce que je voudrais préciser, c'est que contrairement au reste, ces pré-fabs ne sont que très rarement lavés, ce qui amène une couche dévastatrices de poussière sur le sol (gare à ne pas poser ses affaires négligeamment par terre...). Un coup de ménage à chaques vacances, je crois que c'est une estimation pas trop éloignée de la réalité.
Certes, vous allez penser que j'habille la fac pour l'hiver avec cette histoire de pré-fabs... A cela, je vous retorquerais que je préfererais que ce soit la fac qui nous habille pour l'hiver, parce que mine de rien, il y fait pas super chaud, en hiver, dans ces machins pourris (le cas du chauffage est problématique à l'UPMF: trop cher, sauf l'après-midi, quand il fait déjà trop chaud dans la salle...).

Enfin bref, revenons à cette histoire de blocage. Les pré-fabs sont les salles les plus faciles à bloquer, vu qu'il n'y a que deux entrées. Et effectivement, en deux temps trois mouvements, ça a été le cas. Les artistes-bloqueurs nous ont réservés une magnifique surprise, avec cette tour de chaise du plus bel effet dans tout bon musée d'art moderne (oui, seulement « moderne », faut pas déconner non plus...).
...Que dis-je! Une seule surprise? Non... Pas pour une classe d'étudiant asiatiques restés en classe pendant le blocage. Les pauvres étaient encore dans les pré-fabs une fois ceux-ci bloqués, mais cela n'avait pas l'air de les perturber... Ils ne devaient pas être au courant, je crois! :p Au pire, il ne leur « suffisait » que de passer par la fenêtre: comme tout pré-fabs qui se respecte, celui du BSHM est en plain-pied.
J'irai pas jusqu'à parler de prisonniers politiques, mais faut faire attention avec le gouvernement chinois, au moindre incident diplomatique avec quelques-uns de ses ressortissants, il pourrait arrêter de nous acheter des Airbus... Déjà que notre économie est en crise...!
Le « printemps des chaises » (2/2)

# Posté le lundi 09 mars 2009 17:35